À Olot, il y a une apprentie santière aux mains tachées de plâtre et de carton-pierre, qui sait une chose que la plupart des visiteurs ne soupçonnent pas : la ville qui montre aujourd'hui des façades modernistes et des saints sculptés à la main a été, il y a six cents ans, presque entièrement rasée par un tremblement de terre. Elle vous propose onze étapes dans le centre historique —un théâtre qui a brûlé puis s'est relevé, une maison qui s'est habillée de modernisme en 1912, une église qui a retrouvé ses saints, le premier atelier d'imagerie religieuse de la ville, le sanctuaire où, selon la légende, un taureau a trouvé ce que personne ne cherchait— pour finir devant une tour qui cache un cœur dans la pierre. À la fin, s'il vous reste des jambes, elle vous invite à monter sur le volcan le plus urbain d'Europe. Une balade courte et plate dans le centre historique, à faire en famille, entre amis ou en couple.
« Hé, vous ! Oui, vous qui venez chercher de la lave et des cratères. Asseyez-vous une minute, je vais vous montrer autre chose. Je m'appelle Roser. Depuis mes douze ans, j'ai les mains dans le plâtre et le carton, à donner forme à des saints qui finissent sur des autels de la moitié du pays. Ici, à Olot, on sait modeler les visages. Tellement que, quand un tremblement de terre a jeté presque toute la ville par terre —oui, un tremblement de terre, ici, il y a six cents ans—, on l'a relevée avec ces mêmes mains. Les volcans, vous les avez déjà sur la carte postale. Ce qui n'est sur aucune carte postale, c'est ça : une ville tombée deux fois, qui a appris deux fois à se reconstruire. Suivez-moi. Je vais vous montrer les visages que personne ne regarde. »
📷 Wamito
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📷 Nasobema lyricum
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